Palmarès du prix de thèse Gilles Kahn 2025

La thèse de Margot Hérin, intitulée « Learning Preference Models: A Marriage between Decision Theory and Machine Learning», s’inscrit dans le domaine de l’intelligence artificielle, à l’interface de la théorie de la décision, de la recherche opérationnelle et de l’apprentissage automatique. Ses travaux visent à concilier des propriétés jusqu’alors difficiles à réunir, mais essentielles pour de nombreuses applications d’aide à la décision : concevoir des systèmes de recommandation à la fois expressifs, interprétables et multicritères, tout en conservant de bonnes performances calculatoires.

Margot Hérin montre qu’il est possible d’apprendre des modèles décisionnels très riches, capables de représenter des interactions complexes entre de nombreux critères, tout en conservant une structure compréhensible. En introduisant des principes de parcimonie et en les déclinant dans des scénarios d’apprentissage variés, ses travaux permettent de traiter des problèmes de bien plus grande dimension que l’état de l’art, ce qui constitue une avancée majeure pour le domaine.

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La thèse de Son Ho, « Formal Verification of Rust Programs by Functional Translation», s’inscrit dans le domaine de la vérification formelle, où l’un des défis majeurs consiste à concilier l’efficacité des programmes bas-niveau avec la capacité à produire des preuves modulaires capables de s’abstraire de ces détails, afin de raisonner plus aisément sur des logiciels de grande ampleur.

Son Ho a contribué à plusieurs avancées dans ce domaine, couvrant un large spectre allant des fondations théoriques aux outils pratiques. Il a d’abord proposé une approche modulaire basée sur l’évaluation partielle pour la vérification d’un langage de protocoles cryptographiques permettant de produire des implémentations efficaces et prouvées de protocoles d’établissement de canaux sécurisés. Il a ensuite développé une méthodologie de preuve modulaire pour les constructions cryptographiques telles que les fonctions de hachage, dont certaines de ses implémentations sont aujourd’hui utilisées dans des environnements industriels comme la bibliothèque standard de Python. Enfin, Son Ho a posé les bases théoriques et conçu les outils pour la vérification formelle de programmes Rust via transformations fonctionnelles, en définissant une sémantique purement fonctionnelle pour la partie sûre du langage, intégrant son modèle d’emprunts. Une traduction fonctionnelle vers un λ-calcul pur permet ensuite l’utilisation d’outils de preuve matures tels que Lean ou Rocq pour raisonner sur des programmes Rust.

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La thèse de Corentin Jeudy, intitulée « Design of Advanced Post-Quantum Signature Schemes » s’intéresse à des solutions cryptographiques pour se prémunir de la menace quantique. Les avancées récentes permettent d’augmenter les performances et d’élargir l’utilisation. Notamment, une question d’actualité est celle des accréditations anonymes qui permettent de garder son anonymat lorsqu’on certifie son appartenance à un groupe, comme la vérification de l’âge en ligne.

La solution qui a reçu la standardisation NIST à l’issue de la compétition Post Quantum est celle des réseaux euclidiens. Les schémas de signature intégrés dans le protocole https sont basés sur des instances structurées des problèmes sous-jacents. Contrairement au instances générales où les clés publiques sont des matrices carrées et demandent un espace de stockage quadratique, les instances structurées demandent un espace linéaire. Les travaux de Corentin Jeudy se distinguent par une meilleur utilisation des distributions gaussiennes, qui a été validé par un très grand nombre de publications.

Lorsqu’il aborde l’accréditation anonyme, Corentin Jeudy propose le premier schéma basé sur les réseaux euclidiens, intitulé Phoenix. Une analyse théorique d’excellence scientifique est prolongée par une implantation rapide en C.

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